La Terre Sonore - Sébastien Brothier - Céramique musicale

Udu, ocarina, céramophone, flûte harmonique, flûte, carillon …, depuis juillet 2014, j'ai repris mes recherches sur la céramique musicale en combinant différentes argiles et températures de cuisson selon les instruments et sonorités souhaités. Mes instruments s'adressent aussi bien aux musiciens qu'aux personnes sensibles aux sons. En plus de l'exigence sonore, un soin particulier est apporté à leur esthétisme. Pour ce faire, j'utilise principalement le polissage et l'enfumage à froid. Je commence également à ajouter de l’émail aux couleurs soutenues.

Mes pièces sont uniques. Par exemple, je n'utilise pas de moule pour les ocarinas. Ils sont fait à la main, ce qui leur confère une qualité et un caractère propre.

Ma rencontre avec la céramique musicale, c'est le nom donné à cette spécialité, date de l'année 2002. A cette époque, je venais de décider  d'interrompre ma maîtrise d'ethnologie et surtout un travail de trois ans sur mon sujet de maîtrise, qui était l'étude sur le terrain d'une caste de fabricant de tambours dans la vallée de Katmandou au Népal. J'avais soif d’être acteur et je voulais fabriquer mes propres instruments de musique. J'ignorais encore quelle matière utiliser quand j'ai rencontré un céramiste musical. Cette rencontre avec l'argile et ses artisans a été déterminante et a tinté ma vie jusqu'à aujourd'hui.

J'ai réalisé il y a peu de temps que je perpétuais un art ancien et fort répandu dans le monde. Cela m'a fait l'effet de me sentir relié à l'Arbre qui me porte et d’être une branche parmi tant d'autres, avec sa beauté propre. Ce sont les retours des gens qui m'ont fait prendre conscience de cela et je les en remercie chaleureusement. C'est en observant que mon travail touche et parle aux gens au delà de moi, au delà de mes qualités, des formes, comme s'il parlait à ce fameux inconscient collectif, que j'ai compris combien cette pratique m'anime.

Souvent on me pose la question suivante : êtes-vous musicien ?

J'avoue que cette question me met dans l'embarras. Y répondre par oui ou par non me semble réducteur, alors je tente à chaque fois de préciser ma relation avec la musique avec plus ou moins de succès. Oui, je me sens musicien dans le sens ou j'aime improviser et que je suis un amoureux des sons, et non je ne suis pas un musicien car je n'ai pas de formation musicale, je ne joue pas la musique des autres, je ne lis pas la musique et n'ai pas l'oreille absolue. J’entretiens avec la musique une relation intime. Elle m'accompagne depuis plus de vingt ans et elle me permet de me dire intimement. Si j'osais, je dirais que je suis un humble poète des sons qui manie et marie les notes avec ses tripes, son cœur. Cette pratique m'aide à faire face à la vie.

 

Je vous souhaite une bonne visite.

 

Musicalement